30 novembre 2007
- Nouvelle -
Plus
tard ; finalement
Il est seul et
regarde les mouettes s'envoler.
Il est seul et ne
comprend pas.
Pourquoi la vie
est-elle ainsi faite ?
Douce et
blessante.
Comme une lame si
bien affutée qu'elle provoque un frisson de plaisir quand elle meurtrie la
chair et laisse s'échapper les derniers regrets.
Pourquoi la vie est-elle
si prometteuse alors que rien n'est tenu ?
Cette nuit
pourrait être tellement différente des autres, elle pourrait changer sa vie,
pour quelques instants ou pour son existence toute entière.
Il ne suffirait
que d'un sursaut, d'une plaie à soigner, d'un visage à contempler...
Un hasard, une
opportunité.
La chance...?
Et pourtant cette
nuit sera semblable a toutes les autres, sans surprise ni espoir, sans vie ni
lumière.
Comment garder
confiance en tout, si rien ne bouge ?
Comment sortir de
sa torpeur quand les faces grotesques ricanent et se moquent, se cachent et
complotent ?
Pourquoi
s'extasier de la beauté des arbres quand le bûcheron en dévore la chair, quand
le Roi mange ses sujets ?
Espoirs.
Infinis.
Lointains.
Espoirs sans vie
ni reproche.
L' Espoir qui fait
durer, qui tient mais n'attrape pas, se délecte du faux semblant et de
l'attitude trompeuse du manque.
Pourquoi chercher
quand il nous promet qu'on trouvera ?
Pourquoi est-il si
incapable de prendre le risque ?
D'arracher son
sourire a ceux qui le mérite et de plonger dans les regards qui parlent, et
attendent.
Quelle absurdité
le fait courir et pleurer tandis qu'il s'éloigne tout doucement de ce qui doit
, de ce qui est ,de ce qui fait ?
Pourquoi ces
questions alors qu'il ne préfère y trouver des réponses ?
Il s'éloigne en
traînant et le monde est absent.
Il se satisfait d'
espérance et s'accroche a l'universalité du beau et du miraculeux.
Il attend.
Dignement.
Les nuages passent
et meurent mais il se tient droit.
Des larmes pleins
la bouche, le coeur rugissant et les yeux tournés vers l'infini,
il espère
et connaît la
vérité.
Il ne profite pas
de ce qui lui est offert mais recherche ce qui reste caché.
Il se tient droit
face à la grêle qui déchiquette et chante : il sait
que tout est possible
même si rien ne se passera.
Assurément.
Mais il garde la
tête hors de l'eau et se contente d'y noyer son corps.
Il est dressé tout
contre les étoiles qui crachent et il rit de tant de souvenirs et il pleure de
tant d'espérance;
Mais il avance et
la nuit le regarde.
Il toise l'errance
et sourit tandis que l'orage lui fait comprendre que rien ne vaut dans
l'immédiat, cette volonté farouche qui l'éloigne de la réalité et lui fais
goûter à l'absolu.
Un jour il
régnera,
sur un pays, un
monde, ou le sien,
si rien ne s'est
encore produit ,
tout arrivera
cette nuit.
Il s'en sortira.
Il s'en sortira et
deviendra le reflet du temps.
Il sera là quand
les autres s'absenteront.
Il a le dégoût et
l'amour qui se trompent.
La vie est là,
et il la vend au
plus offrant.
Il sait que tout
sera bon;
il regarde le sol
et sait qu'il obtiendra un jour ou l'autre tout ce dont il a envie mais qui lui
fait défaut.
Il pleure de joie
en s'apercevant que ça promet d'être génial.
La vie lui promet
tellement qu'il ne saurait abandonner; en croyant que tout n'adviendra jamais.
Il sera tout et
rien;
mais il aura
atteint les limites raisonnables de ce qui peut l'attendre.
Il n'a pas dit
adieu.
Il va vivre.
Et ça promet d'être moche et merveilleux.