25 février 2009
- Concrete Jungle -
Un tombeau de béton
Nimbé d’un air triste
Ruisselant d’une bruine acide
Parcouru en tous sens
Par des ombres fuyantes
Et pressées
Toujours
Temple obsolète
De la vision étriquée
D’un animal moche
Malin et prétentieux
Charriant les cris
Les râles et les pleurs
S’exhibant aux lueurs crues
De milliers de lumières
Qui éclatent un peu partout
Des coulées de bitumes
A l’infini
Et parfois
Au coin d’une rue
Un arbre essoufflé
Perdu
Une nuée de mouches
D’aluminium
Qui rugissent
Et papillonnent
Qui crachent
Des nuages noirs
Suffocants
Et hurlent en diapason
De leur cor strident
Le règne déclinant
De leur maîtres
Un cauchemar éveillé
Fuit par les étoiles
Où la nuit n’existe plus
Des carcasses vides
Qui tendent la main
Les regards durs
Qui font semblant
Des êtres immondes
Et sanctifiés
Et les livres qui
Peu à peu
Disparaissent
Dans un brasier
Multicolore
Et
Collectif
Des images vides de sens
Des espoirs qui se rendent
Sans résistance
Aucune
Des os qui s’entrechoquent
Des cultes qui émergent
Des frissons maladifs
Des vies qui pleurent
Des yeux qui hurlent
Des oreilles qui ne voient plus
L’aberration vile et
Inutile
D’une vie cimentée
Et cloisonnée
D’une mort dans un cirque de
Pierres plates
Et comme dernière demeure
Enfin
Toujours
Le béton brut.
C’est là que je suis né,
Que j’ai appris
À faire semblant
Et j’ai faillit
Vivre ce temps
Sans question
Et sans rêverie
Mais je le jure
Et je le crache
Sur tous leurs Dieux
Je rêve d’un incendie
Haut comme les cieux
Et
Si tout n’a pas brûlé
Avant que je ne parte
J’irais crever
Là haut
Sur la colline
Loin du ciment
Perdu au fond des vignes
Au plus noir de la nuit
Et des étoiles
Peinture vibrante
Sur une toile
Pleine de vie