26 septembre 2008
- TES DÉMONS -
Les connais tu,
ces êtres multiformes
qui s’agitent et qui hurlent,
qui complotent et ricanent,
qui se payent ta tête et te grignotent
doucement,
sans même que tu ne t’en aperçoive,
là,
tapis douillettement au fond de ton ventre ?
Les sens tu, au moins ?
Les entends tu ?
Écoute bien.
Écoute les !
Ils te racontent en une litanie obsédante
tes échecs et tes peurs,
et la mort qui rode,
et la paresse molle que tu t’acharne à entretenir,
les traumatismes et les mensonges que tu t’inventes,
et ces jours sans fin qui te tirent inexorablement,
au fin fond des abysses.
Il fait noir, là en bas ;
c’est humide et poisseux,
et,
tu voudrais remonter.
Mais le veux-tu seulement ?
Essaies tu ?
Tu mendies une bouffée d’air,
une caresse,
un avenir,
sans y croire,
et ce faisant,
tu les agrippes un peu plus,
ces êtres multiformes,
tu leur confies ton cœur étranglé,
et tes yeux devenus opaques.
Ils t’entraînent tout au fond, là bas,
et tu leur donnes la main,
en faisant mine de fuir.
Tu te mens si bien.
Tu trembles comme une feuille,
et finis par les prendre à bras le corps,
rassurants qu’ils sont,
remplis d’un désespoir puissant,
tu leur offres tout.
Parce qu’alors, au moins, tu vis.
Tu sens.
Mais vas-y,
fais comme il te plaira,
continue donc à enfoncer le canon usé
d’un fusil sans nom,
bien au fond dans ta gorge,
sans y penser,
sans le vouloir,
les joues mouillées,
en ne pensant qu’à ça.
Tu crois que c’est fini,
que ça ne sert à rien,
qu’ici bas rien n’existe et
que tout s’embrase sans toi
et sombre dans l’oubli.
Tu devrais peut être les écouter un peu mieux,
essayer de comprendre leurs jeux funestes,
plutôt que d’y jouer.
Tu devrais prendre le temps de souffler un peu,
d’oublier, de digérer,
de les reconnaître pour ce qu’ils sont.
Parce que ce ne sont pas des démons,
et tu ne subis pas quelque maléfice éternel.
Tu les as créé,
tu les entretiens,
ils sont en toi,
tu les y as installé.
Bon gré mal gré.
Ni magie,
Ni destinée.
Il n’y a qu’eux et toi,
et ce que tu crois,
et ce que tu veux.
Alors, fais quelque chose,
Ne les laisse pas te digérer,
ne te laisse pas faire.
Observe,
écoute et sens.
Éloigne toi,
sors donc un peu de ton corps,
et de là-haut,
regarde cette foule de monstres
qui te fixent avec une haine brûlante,
et te renvoient ta propre haine
celle que tu te voues,
sans le savoir,
éperdument.
Tu devrais essayer pour voir,
de les piétiner, de les tordre,
de les goûter et les mordre,
de les regarder bien en face,
de les voir pour ce qu’ils sont.
Ces êtres sournois et multiformes
que tu fuis, et qui t’acculent,
qui te créent et te détruisent,
avec lesquels tu te confonds
dans une eau trouble
et empoisonnée,
avec un délice morbide
et une joie déprimante.
Tu devrais t’arrêter quelques temps
et les identifier un à un,
tu devrais les saluer,
les écouter et les comprendre.
Et puis t’en débarrasser ;
sur une estrade lumineuse,
il serait temps que tu les pendes.
19 septembre 2008
Oui oui ça travaille...
Il n'y a pas eu grand chose de nouveau depuis longtemps, et si l'on peut croire, à raison, à un certain relâchement passager, c'est aussi parce que je me suis lancé dans quelques "gros" projets. Longues nouvelles ou courts romans ou même qui sait longs romans, bref voilà le premier paragraphe (bientôt beaucoup plus) de mon prochain roman ( qui n'a pas encore de titre ) :
Lorsqu'enfin le soleil se leva à l'horizon, la ville était déserte.
Il y régnait un silence
total, à peine troublé par quelques cris d'oiseaux. L'air était doux et un vent léger venu de l'océan finissait d'emporter le parfum nauséabond qui
saturait l'air depuis la veille au soir. De jeunes feuilles frémissaient sous
la brise, toutes à leur bonheur, s'offrant délicatement aux premiers rayons du
soleil.
Il régnait à cet instant, malgré les cadavres qui jonchaient les
trottoirs, un climat d'harmonie et de paix. Comme si la vie éclatait à nouveau,
libre et sauvage, après qu'on l’eût souillé pendant si longtemps.